Publication name
Provalence
Publication date
22 Jul 22
Coaching Type
Best coaching practice
French

Steve Jobs et Picasso

Je relaye ici cette image d’une citation attribuée à Steve Jobs, qui a circulé récemment sur les réseaux professionnels. Elle représente une énième illustration concernant le sujet du montant des prestations : quel est le vrai prix à payer pour un service ? C’est très difficile à déterminer…

Une de mes relations a ajouté un commentaire sur LinkedIn à propos de cette publication et cela m’a incitée à y penser de façon plus approfondie (merci Christophe) .

Je vous livre mes réflexions !

Bonne lecture.

 

Pour illustrer cette importance de l’expérience et de la pratique dans la durée réelle d’une prestation efficace, Internet fourmille d’autres anecdotes similaires : par exemple celle du dessin de Picasso, ou bien la métaphore du coup de marteau de Watzlawick.

 

Picasso et le dessin-minute

La légende dit que Pablo Picasso dessinait dans un parc, lorsqu’une femme le reconnut et l’aborda.

“C’est vous, Picasso, le grand Picasso ! Oh, faites mon portrait, je vous en supplie !”

Picasso s’exécuta. Après l’avoir observée pendant un moment, il fit son portrait, d’un seul geste, en un coup de crayon. Et le tendit à la femme.

“C’est parfait ! Vous avez réussi à capturer mon essence en un instant, en un geste. Merci. Combien vous dois-je ?”

Il demanda 5000 dollars.

“Quoi ? 5000 dollars ?! Comment pouvez-vous exiger autant, alors qu’il ne vous a fallu qu’une seule seconde pour faire ce dessin ?!”

Il répondit alors : “Non madame, cela m’a pris ma vie entière.”

 

Le coût du coup de marteau

d’après Paul Watzlawick

On raconte une histoire très ancienne au sujet d’un chaudronnier.

On l’avait embauché pour qu’il répare le système de chaudières d’un énorme navire à vapeur. Il écouta l’ingénieur lui décrire les problèmes, lui posa quelques questions, puis il se rendit à la chambre des chaudières. Il jeta un coup d’oeil sur l’amoncellement de tuyaux ; il écouta le cognement de la chaudière et les sifflements de la machine à vapeur pendant quelques minutes, puis il passa les mains sur quelques tuyaux. Il se mit à chantonner tout doucement, mit la main dans sa poche et en sortit un petit marteau ; il frappa un seul coup sur une valve rouge vif et tout le système de chaudières commença à fonctionner à la perfection. Le chaudronnier retourna chez lui.

Lorsqu’il reçut une facture l’enjoignant de verser 1000$ au chaudronnier, le capitaine du navire se mit en colère et se plaignit que le chaudronnier avait passé au plus une quinzaine de minutes dans la chambre des chaudières. Il demanda donc au chaudronnier de lui envoyer un compte détaillé.

Ce que fit le chaudronnier :

          – Donner un coup de marteau : 0,50$

          – Déterminer l’endroit où frapper : 999,50$

          – Total : 1000,00$

 

Le prix de l’expérience

Je cite donc le commentaire ajouté par Christophe sous le post LinkedIn qui affichait la photo et la citation de Steve Jobs :

“C’est vrai que l’expérience compte beaucoup. Il manque toutefois un point à cette affirmation: cette expérience n’a pas forcément été acquise sans travail rémunéré, donc déjà payée ! Ainsi comment prendre en compte les tâtonnements payés par les clients dans le “prix de l’expérience”? Et cela justifie-t-il les prix exorbitants pour ne pas dire indécents pratiqués par certains ?

En fait, c’est toute la problématique de la relation rémunération-prix-profits qui doit être réfléchie…”

 

La valeur du coaching

Je trouve la remarque de Christophe assez juste : en effet, les clients précédents ont eux aussi contribué à rémunérer l’expérience acquise par le prestataire. Et il convient de considérer quel bénéfice l’intervention du prestataire va procurer au client afin d’évaluer la pertinence du coût par rapport à la valeur obtenue ?

Au fond, c’est bien le résultat qui compte, ce que le client va obtenir pour le prix que nous proposons, ce qu’il va retirer de cette expérience. En ce qui concerne le coaching professionnel : notre client va avancer, comprendre, élaborer un plan d’action et le mettre en œuvre = donc lui et l’entreprise qui l’emploie aura un bénéfice, un ROI.

Prenons l’exemple d’une prestation de coaching en entreprise :

En résumé : le bénéficiaire – le plus souvent un cadre, un manager, un directeur, mais aussi parfois un employé ou chef d’équipe – exprime le souhait de progresser afin de mieux faire face aux difficultés ou défis rencontrés dans l’exercice de sa mission.

Le prescripteur (son manager, les RH) suggère un accompagnement par un coach professionnel et le montant du contrat est déterminé entre le coach et le prescripteur.

Un entretien tripartite permet ensuite de clarifier les objectifs, les indicateurs de réussite et les modalités : durée, fréquence, lieu des sessions etc et de formaliser ceci dans un contrat de coaching.

Il va de soi que le montant total de la prestation est estimé en corrélation avec le bénéfice attendu au terme de la prestation.

Investir dans les collaborateurs

Admettons que le montant total soit estimé à 3000€ . C’est un budget, certes. Et, comme il s’agit d’un investissement dont les retombées peuvent être significatives de façon assez rapide en terme d’amélioration immédiate de la situation et dont les effets bénéfiques vont perdurer sur le long terme : ce n’est pas extravagant !

Que l’on passe 20 heures à 150€ avec un coach plutôt débutant, ou bien 15 heures à 200€ avec un coach certifié, ou bien 10 heures à 300€ avec un coach expert, le total c’est toujours 3000€ , n’est-ce pas ?

 

Pour schématiser : un coach qui se fait rémunérer 300€/heure aura passé des années à apprendre à effectuer en 10 heures un accompagnement en coaching qu’un coach à 150€/h effectuera en 20 heures. Le plus souvent, cette prestation sera plus complète, plus fine et donc davantage efficace sur le long terme.

👉🏻 J’en vois déjà qui bondissent en lisant ces exemples de tarifs “horaires”, aussi je m’empresse de placer le lien vers cet article dans lequel j’expose tout ce qui est contenu dans ces tarifs avant de recevoir des messages outrés 😎

En fait, quel que soit le tarif horaire* : dans ce cas, le client en a toujours pour son argent. Le montant total sera le même, et ce coaching va faire avancer le client sur son projet professionnel, ou l’aider à clarifier ses enjeux avant une décision cruciale… c’est le même montant.

La différence, c’est que la relation avec un coach expérimenté lui fera gagner du temps, non seulement parce que la durée ou la fréquence des rencontres seront moindres, mais aussi parce que la réflexion pourra s’effectuer davantage en profondeur car les prises de conscience interviendront à un autre niveau.

Un prestataire débutant va “tâtonner”, et c’est bien légitime. Au fur et à mesure, il va affiner sa pratique de manière à capter davantage de choses en moins de temps. L’écoute s’améliore, la qualité de présence aussi. Le coach apprend à ciseler des questions plus courtes, plus précises, à utiliser des métaphores, à faire référence à des modèles comportementaux. Il repère les émotions, les hésitations, les changements de rythme et d’énergie, il sait comment les accueillir et s’autorise à les inclure dans le déroulement de la séance tout en respectant son client. Il va passer expert dans la manière de manier certains outils, il va sans cesse enrichir sa “boîte à outils” de coach et saura choisir lequel lui paraît le mieux adapté aux circonstances présentes. Il va perfectionner ses reformulations jusqu’à ce qu’elles deviennent très naturelles. Au fil des années de pratique et de la variété de ses missions, il ou elle va côtoyer des personnalités différentes, des situations différentes et des organisations différentes, ce qui lui ouvre un champ de compréhension plus large ; ainsi, il sera à même de reconnaître certains schémas, par exemple décrypter plus vite ce qui se joue dans les relations interpersonnelles ou les jeux psychologiques.

Le coach expérimenté est capable en quelque sorte de “prendre des raccourcis”, tout en restant attentif aux détails fournis par son client ainsi qu’aux nuances qu’il perçoit dans ses attitudes : en effet, même si certaines situations professionnelles présentent des ressemblances, chaque personne est unique et chaque cas est particulier. C’est ce qui lui permet de mener une collaboration dense et fructueuse. J’apprécie beaucoup l’expression qu’utilise Denise Sin Blima : “on ne voit pas la trame”.

Voilà, je crois que c’est ça au fond, le prix de l’expérience que Christophe mentionne dans son commentaire : on ne voit pas la trame. J’ai moi-même débuté il y a quelques années et je me souviens de quelques tâtonnements… j’ai toujours eu à cœur de mettre mes compétences au service de la réussite de mes clients, cependant je dois bien reconnaître que les premiers entretiens étaient un peu balbutiants… certaines formulations étaient poussives, limite confuses… malgré toute la bienveillance et la conscience professionnelle que je souhaitais y injecter !

Maintenant, après des centaines d’heures de pratique, des dizaines de clients différents, des douzaines d’heures de formation continue, de supervision, de nombreuses journées consacrées aux échanges de pratiques ou groupes de pairs ou rencontres ICF et surtout depuis que je suis certifiée PCC et certifiée DISC et Forces Motrices : j’ai acquis davantage d’épaisseur, de consistance.

Récemment, une de mes commanditaires – qui coordonne une mission sur laquelle j’interviens en coachings collectifs et coachings individuels – me confiait que les personnes que j’avais coachées lors de cette mission lui avaient rapporté que j’étais “bien armée”.

Cela m’a fait sourire 🙂



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